Parle-moi encore, je sais ce que tu aimes faire de moi. Déforme-moi, dévore l'assassin prétorien assoiffé par mon vin. Viens coucher ma tête fauchée, termine ton effort. Travaille ton sang à ma sueur mêlée. N'oublie jamais la saveur de l'horreur sous mes dents. N'oublie jamais que le corps n'oublie jamais. Tu m'as vendue clouée, usée. Tu te souviendras de moi. J'achèverai ta plaie, l'odeur de ta peur me ment. Les carcasses ici s'amassent, collection organique. Les murmures manipulent les dérèglements anatomiques. Quelle claire anthropophanie. De curieuses tortures réinventent la genèse du corps. Nourris pas nous. Les bêtes pendues, protomés humains à l'âme tendue. Ils savent déjà tout. Vident la gueule de leurs chiennes pour boucher la mienne. J'ai là quatre autres langues pour dire tout ce que je sais. Tout ce que je saigne. N'oublie jamais la saveur de l'horreur sous mes dents. Nourris toi de mon sang. Abreuve toi de mon désir intense. Tu peux remplir ton innoncence.